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Risques et Sécurité

Attaque par Flash Loan

Attaque utilisant des flash loans pour manipuler des protocoles à des fins de profit

Définition

Une attaque par flash loan utilise un prêt sans collatéral, emprunté et remboursé dans la même transaction, pour réunir temporairement un capital énorme et manipuler un protocole mal conçu. Le flash loan n'est pas la faille : il supprime simplement la barrière du capital, ce qui transforme une vulnérabilité théorique en exploit rentable pour n'importe qui. Le schéma le plus courant consiste à emprunter plusieurs dizaines de millions, à déséquilibrer un pool AMM utilisé comme oracle de prix, puis à emprunter ou liquider ailleurs à un prix faussé avant de tout dénouer et de rembourser. Une seconde famille vise la gouvernance : emprunter assez de tokens pour atteindre le quorum, voter une proposition malveillante et rendre les tokens dans la foulée. La parade est structurelle : oracles robustes de type Chainlink ou TWAP, et instantanés de pouvoir de vote pris avant le bloc du vote.

L'attaquant emprunte une somme énorme le temps d'une transaction, s'en sert pour fausser un prix ou un vote, encaisse, puis rembourse. Le prêt ne coûte rien s'il est remboursé dans le même bloc.

Exemple

Le schéma type, vu sur bEarn, Cheese Bank ou Harvest en 2020-2021 : l'attaquant emprunte 50 M$ en flash loan, en injecte l'essentiel dans un pool à faible liquidité utilisé par un protocole de prêt comme source de prix, ce qui double artificiellement la valeur affichée du token de collatéral. Il dépose ce collatéral surévalué, emprunte tout ce que la réserve contient, défait la manipulation, rembourse les 50 M$ et conserve la différence. Le tout tient dans une seule transaction : si une étape échoue, tout est annulé et l'attaquant n'a perdu que le gas. Sur le cas Beanstalk en avril 2022, la même mécanique appliquée à la gouvernance a permis de faire passer une proposition et de vider environ 182 M$ de trésorerie.

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Comment ça marche

Emprunt sans collatéral, manipulation d'un oracle ou d'un quorum pendant la transaction, extraction de valeur dans un protocole tiers, remboursement. Si une étape échoue, l'ensemble est annulé.

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Pourquoi c'est important

C'est le vecteur qui a vidé le plus de protocoles de taille moyenne, et il ne vise presque jamais la cryptographie : il vise des hypothèses économiques naïves sur la façon dont un prix ou un vote est mesuré.

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À vérifier

Identifiez la source de prix du protocole et sa profondeur, vérifiez la présence d'un TWAP ou d'un oracle externe, d'un instantané de vote et d'un timelock, et méfiez-vous des collatéraux exotiques peu liquides.

Risques à considérer

  • Tout protocole qui lit le prix d'un pool AMM peu profond comme s'il s'agissait d'un prix de marché est exploitable par construction
  • Une gouvernance dont le pouvoir de vote se mesure au solde instantané peut être capturée le temps d'un bloc
  • L'attaque est atomique : aucune fenêtre de réaction, aucune possibilité de pause manuelle pendant l'exécution
  • Les déposants d'un protocole vidé subissent la perte, même s'ils n'ont jamais interagi avec le contrat vulnérable

Questions fréquentes

Faut-il interdire les flash loans pour régler le problème ?

Non, et c'est le contresens le plus répandu. Le flash loan est un outil neutre, très utile pour l'arbitrage, le refinancement de position ou le désendettement en une transaction. Il rend simplement visible une faille qui existait déjà : si votre protocole se casse quand quelqu'un dispose de 50 M$ pendant un bloc, il se serait cassé de toute façon face à une baleine. Le correctif porte sur l'oracle et sur la comptabilité du vote, pas sur le prêt.

Comment un protocole se protège-t-il concrètement ?

En ne dérivant jamais un prix d'une source manipulable en un bloc : oracle externe agrégé, TWAP sur plusieurs blocs, ou croisement de plusieurs sources avec écart maximal toléré. Côté gouvernance, en utilisant un instantané pris avant l'ouverture du vote et en imposant un timelock entre l'adoption et l'exécution d'une proposition. S'y ajoutent des plafonds d'emprunt par actif et une surveillance des mouvements anormaux.

Comment reconnaître un protocole exposé avant d'y déposer des fonds ?

Cherchez d'où vient le prix. Si la documentation indique que le collatéral est valorisé via un pool interne ou une paire peu liquide, le risque est immédiat. Vérifiez ensuite s'il existe un timelock sur la gouvernance, si les paramètres critiques sont derrière un multisig sérieux, et si le protocole a été audité sur ces points précis. Un actif exotique accepté en collatéral avec une liquidité de quelques centaines de milliers de dollars est un signal d'alarme à lui seul.